Partager l'article ! Je suis heureux que ma mère soit vivante - Claude Miller, Nathan Miller ( 30 septembre 2009): Exterieur-jour. Hôtel Holyday Inn. Con ...
Exterieur-jour.
Hôtel Holyday Inn. Conférence de presse plutôt intimiste, Claude Miller, Nathan Miller et l'acteur Vincent Rottiers viennent nous présenter leur dernier film Je suis heureux que ma mère soit
vivante, fruit d'une collaboration père fils ; duo plutôt rare au cinéma. Une occasion pour l'avis culturel de présenter cette nouvelle réalisation mais aussi de rencontrer Claude Miller figure
incontestée du cinéma français.
Titre à rallonge, adaptation d'un fait divers à l'heure où l'info nous en rebat les oreilles, avouons-nous le franchement si le nom de Claude Miller ou encore de l'acteur très prometteur Vincent Rottiers (vu dans Mon Ange au côté de Vanessa Paradis) n'apparaissaient pas sur l'affiche il n'est pas sur que la presse s'intéresse plus que ça au sort de ce film qui sous une apparente banalité réserve tout de même quelques agréables surprises. Oui, ce qu'il y a de bien avec ces films dont on attend pas grand chose est que de toute façon, déçu d'avance peu de risque pour nous de l'être davantage. Seul l'effet inverse peut se produire et il faut bien le dire Je suis heureux que ma mère soit vivante en est un parfait exemple. Abandonné par sa mère à l'âge de cinq ans, Thomas, encore jeune adolescent se met en tête de retrouver sa mère biologique Julie sous l'oeil angoissé de ses parents adoptifs. A leur insu il fini par la retrouver. Mais, difficile de renouer lorsque mère ou non la personne vous est quasiment inconnu...
Du potentiel dramatique le fait divers n'en manque pas, de là à en faire l'objet d'une représentation même cinématographique il y a de quoi s'en inquiéter tant la télévision avec tout le pathos de mise nous en met « plein les mirettes » en longueur de programme. Or, ce trop plein de pathos, de spectaculaire est intelligemment contourné par nos deux comparses Claude et Nathan Miller dans ce choix d'une mise en scène et d'une réalisation tout en sobriété, tout en pudeur vis à vis de ce drame dont une brusque montée en pression vient défier les conventions scenaristiques.
Par le biais d'une narration en flash-back mêlant le présent et les souvenirs du jeunes homme, le film suit les méandres psychologique du personnage à travers l'objectif d'une caméra quasi-subjective. Un moyen pour les deux cinéastes de ce ré-approprier l'histoire et de nous parler un peu d'eux-même. Alors que Claude Miller continue d'explorer le thème de l'enfance en souffrance face au monde adulte Nathan lui nous parle de plans fixes lorsqu'il s'agit d'évoquer ses souvenirs d'enfance ( partis pris esthétique repris pour les scènes de flash-back). Bref, si cette adaptation d'un fait réel se révèle extrêmement intéressante c'est bien avant tout par cette implication personnelle des cinéastes.
Lors de cette même conférence de presse Claude et Nathan Miller s'entendaient pour déclarer qu'au fond 90% de la réussite d'un film relève du choix des acteurs. En cela les deux complices ne sont pas passé à côté tant le casting porte avec brillot le film ; A commencer par Vincent Rottiers qui avec ce film poursuit avec talent sa carrière de jeune premier. La manière spontané avec laquelle il débite son dialogue donne parfois aux scènes l'impression d'être improvisées sur le moment ce que démentent Nathan et Claude Miller ajoutant tout de même « Vincent est un acteur que l'on ne dirige pas ». De même pour Sophie Cattani, actrice encore peu connu malheureusement qui incarne ici une mère totalement paumé. Une interprétation tellement juste et crédible que certains spectateur peut être un peu naifs ont bien crus que les deux réalisateurs avaient pour l'occasion demandé à une vraie mère de famille de tenir le rôle. N'est-il pas là le plus beau compliment qu'on puisse faire à un acteur? Un formidable travail également a été conduit avec les enfants qui se révèlent ici de véritable interprètes en herbes.
La petite voleuse, La meilleure façon de marcher Claude Miller nous citait là ce qu'il considère comme ses meilleurs films. Suggérons lui d'ajouter Je suis heureux que ma mère soit vivante à la liste car si la routine est la plus grande crainte du cinéaste ce film a de quoi le rassurer, même si sans doute Nathan y est aussi pour quelque chose. Au nom du père, du fils action!...ça tourne.
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