Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 10:43

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

   

                  Dans l'Italie des années 70 le terrorisme politique se fait extrêmement virulent. En réponse à des attentats d'extrême droite d'une grande violence, à Venise, La "prima linea", proche des brigades rouges organise assassinats sur assassinats au nom d'une idéologie de plus en plus trouble et difficile à cerner. Depuis sa prison, Sergio, membre actif de "prima linea" raconte ce que furent les derniers instants du groupe, son implication et ses désillusions.

 

Le cinéma italien et l'histoire contemporaine de l'Italie entretiennent des rapports très étroits, la plupart des films distribués en France confirme cette tendance que ce soit avec Le Caiman de Nanni Morreti, Il Divo de paolo Sorrentino, Buongiorno notte de Marco Bellochio ou encore plus récemment Vincere. La Prima Linea s'inscrit dans cette lignée de film qui cherche à cerner un passé aux contours assez mal définit par les livres d'histoires. Avant d'être une fiction, cette réalisation de Renato de Maria se veut avant tout un témoignage incisif. Pas d'artifice ou de grandes envolées lyriques, la force de cette oeuvre réside dans sa rigueur et sa sobriété. La précision des dates, des événements, le recours aux images d'archives, la dimension réaliste de ce thriller historique est assez saisissante. Caméra le plus souvent à l'épaule Renato de Maria mène sa fiction en véritable reporter avec un souci permanent d'objectivité. Adoptant le point de vue des terroristes, le cinéaste se devait de maintenir une certaine distance avec son sujet. A ce titre, le jeu des acteurs  se révèle d'ailleurs très pertinent ; Sans manichéisme, Riccardo Scamarcio et Giovanna Mezzogiorno incarnent des personnages aux personnalités complexes et qui n'ont rien d'héroïque ou de glorieux. 

 

Mais, cette rigueur, ce détachement, ce côté reportage n'enlève rien à la beauté esthétique du film, tout en bleue et rouge, comme pour illustrer l'ambivalence de l'être humain et la facilité avec laquelle il peut sombrer d'un coup dans la violence.

Hors du temps, de plus en plus éloigné des réalités le groupe "Prima linea" se replie sur lui même et ce n'est finalement pas tant un destin historique que Renato de Maria nous donne à voir, mais plutôt l'individu pris dans ses propres contradictions. C'est ce qui fait de cette reconstitution historique un drame résolument intimiste.

 

Par EloCiné - Publié dans : Textes "promotionels"
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